Bruxelles/Paris, 12 janvier 2026. La Ministre belge de la Justice, Annelies Verlinden, a reçu aujourd’hui Olivia Maurel (née par gestation pour autrui, auteure et militante des droits des femmes et des enfants) et Bernard Garcia, directeur exécutif du Groupe d’experts de la Declaration de Casablanca pour l’abolition universelle de la gestation pour autrui, pour un échange consacré aux enjeux juridiques, éthiques et internationaux de la GPA.
Cette rencontre intervient alors que, en Belgique, des discussions sont en cours autour d’un projet de loi visant à autoriser une GPA dite « altruiste » (non rémunérée). Pour CLARA Life, il est essentiel que le débat sorte des slogans et regarde la réalité en face, puisque la GPA est une pratique qui engage la dignité humaine, le droit de la filiation, et la protection de l’enfance.
« Altruiste » ou commerciale : la même logique de fond
Olivia Maurel a rappelé, avec l’autorité de son histoire personnelle, ce que beaucoup préfèrent passer sous silence : la GPA repose sur la contractualisation de la grossesse, la séparation programmée de l’enfant et de la femme qui l’a porté, et la mise à disposition du corps féminin. Même présentée comme “altruiste”, la GPA organise juridiquement une réalité profondément problématique : l’enfant devient l’objet d’un projet contractuel, et la maternité est fragmentée.
Bernard Garcia a, de son côté, attiré l’attention sur les conséquences institutionnelles d’une légalisation, même partielle : normaliser la GPA, c’est fragiliser les fondements du droit de la filiation, ouvrir la porte aux marchés transnationaux de la procréation, et affaiblir l’exigence première de tout droit digne de ce nom : protéger les plus vulnérables.
Un contexte international qui se durcit
L’entretien a aussi permis d’évoquer plusieurs évolutions récentes qui vont dans le sens d’un refus clair de la GPA :
- la position de la Rapporteure spéciale de l’ONU Reem Alsalem, qui qualifie la GPA d’incompatible avec les droits fondamentaux des femmes et des enfants ;
- des prises de position au Parlement européen ;
- une condamnation récente de la GPA par le pape Léon XIV, dans la continuité des appels antérieurs à son abolition ;
- et la décision de la Slovaquie d’inscrire l’interdiction de la GPA dans sa Constitution.
Un point central ressort : l’idée selon laquelle une GPA “non rémunérée” serait une alternative éthique est contestée frontalement. Selon le Groupe d’experts de Casablanca, elle contribue au contraire à banaliser un système qui finit, tôt ou tard, par alimenter un marché — et qui, dans tous les cas, se construit sur une séparation voulue dès le départ.
Ce que CLARA Life demande aux autorités belges
CLARA Life rejoint l’appel lancé : ne pas engager la Belgique dans une logique qui, sous couvert d’encadrement, revient à légitimer une pratique portant atteinte aux droits des femmes et des enfants.
Nous le redisons clairement : le désir d’enfant, si compréhensible soit-il, ne peut pas servir de justification à une pratique qui blesse les plus vulnérables. Régler des papiers, une filiation ou une reconnaissance rapide ne répond pas à la question de fond : la GPA organise dès le départ la séparation d’un enfant et de la femme qui l’a porté. Une société juste commence par ce principe simple : aucun enfant ne devrait être le résultat d’un projet contractuel.

