Mourir dans une vraie dignité

Un choix dans la douleur n'est pas un choix libre

En Belgique, depuis 2002,  la loi belge autorise   » l’acte, pratiqué par un tiers, qui met intentionnellement fin à la vie d’une personne à la demande de celle-ci », c’est-à-dire, l’euthanasie (article 2 de la Loi Euthanasie).
Il s’agit donc bien d’une mort provoquée dans le but de mettre fin à des souffrances jugées incurables, et non le seul arrêt des soins pour éviter un acharnement thérapeutique.

Mais l'euthanasie est-elle vraiment le seul moyen d'apaiser les souffrances ?

Que nous dit la loi ?

Pour les personnes conscientes

Pour les personnes inconscientes

Pour les enfants

Les soins palliatifs

Accompagner et non pas tuer.

Ce qu’on appelle les soins palliatifs vise à accompagner et assister le patient dans la dernière phase de sa vie, en lui prodiguant les soins nécessaires à apaiser sa souffrance physique ou psychologique. La vulnérabilité d’une personne ne diminue en rien sa dignité. Mais quand est-il de sa dignité lorsque, au lieu d’apaiser, c’est la mort que nous lui proposons comme unique alternative à la douleur ? La mort donnée constitue un abandon définitif. Elle ne sauve en aucun cas la dignité mais supprime un être qui souffre et qui a besoin d’aide. S’il est vrai que la demande d’euthanasie  doit toujours être accueillie avec beaucoup de respect, elle peut prendre un autre visage lorsque, grâce à des soins palliatifs de qualité, le patient est entendu, soulagé et entouré. 

Ce "droit" à l'euthanasie implique un devoir d'euthanasie

À la différence du suicide, l’euthanasie n’est pas un acte réalisé soi-même. Elle implique de la part du corps médical de ne plus seulement soigner mais également de donner la mort. Ce changement de nature de l’offre médicale n’a pas été demandé par les médecins et peut induire chez les ceux-ci un questionnement éthique et chez de nombreux patients et familles une rupture du lien de confiance.

En toute hypothèse, la loi prévoit également une « clause de conscience », en précisant qu’aucun médecin n’est tenu de pratiquer une euthanasie et qu’aucune autre personne n’est tenue d’y participer (article 14 de la loi).

Une loi contestée...par des médecins

Le 13 juin 2012, plus de 80 professionnels de la santé signaient un article d’opinion dans la Libre Belgique.
Il y était notamment dit que :

L’euthanasie dégrade la confiance au sein des familles et entre les générations ; elle instille de la méfiance à l’égard des médecins ; elle fragilise les personnes les plus vulnérables qui, sous l’effet de diverses pressions, conscientes ou inconscientes, peuvent se croire moralement obligées d’exprimer une demande d’euthanasie.

En dépénalisant l’euthanasie, la Belgique a ouvert une boîte de Pandore. Les dérives envisagées il y a dix ans sont aujourd’hui devenues une réalité. La Commission fédérale de contrôle émet elle-même des doutes sur sa capacité à remplir sa mission, celle-ci étant liée au respect de l’obligation de déclarer les euthanasies pratiquées. Peut-on raisonnablement imaginer qu’un médecin se dénonce lui-même s’il n’a pas respecté les conditions légales ?

A la lecture des rapports de la Commission, on constate que les conditions, qui se voulaient strictes au départ, font l’objet d’appréciations très élargies. Sont ainsi avalisés des cas de suicide assisté de même que des euthanasies justifiées par une souffrance psychique qui ne résulte pas d’une pathologie grave et incurable, alors que ces deux situations sont exclues du champ d’application de la loi. Estimant en outre que le caractère insupportable de la souffrance est d’ordre subjectif, la Commission hésite à vérifier que cette condition légale essentielle est bien remplie. Ne peut-on s’étonner que la Commission n’ait jamais transmis de dossier au parquet en dix ans ? Peut-on affirmer, sans parti pris idéologique, que la loi est respectée et que la pratique de l’euthanasie est sous contrôle ?

A fortiori, les nombreuses propositions d’assouplissement ou d’élargissement de la loi actuelle, en particulier aux mineurs d’âge et aux déments, suscitent notre plus vive inquiétude. Comme il était prévisible, une fois l’interdit levé, nous marchons à grands pas vers une banalisation du geste euthanasique. Force est de constater que, paradoxalement, plus une société refuse de voir la mort et d’en entendre parler, plus elle se trouve encline à la provoquer.

Dix ans après la dépénalisation de l’euthanasie en Belgique, l’expérience atteste qu’une société faisant droit à l’euthanasie brise les liens de solidarité, de confiance et d’authentique compassion qui fondent le « vivre ensemble », et en définitive se détruit elle-même. Aussi en appelons-nous à une évaluation objective et courageuse de la loi, plutôt qu’à son assouplissement ou son extension.

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